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A la recherche d’une langue nationale ivoirienne

Le Nouchi  pourrait être la solution 

Partout en Afrique et dans le monde, les pays ont leur langue nationale, sortie généralement de leurs cultures, us et coutumes. La Côte d’Ivoire fait exception à cette règle. Car elle est le seul pays d’Afrique à ne pas avoir de langue nationale.

Le Français qui y est parlé couramment est la langue officielle. Le Dioula (Bambara  ou Malinké) fait une percée remarquable depuis toujours, mais n’arrive pas à s’imposer comme langue nationale. La nature ayant horreur du vide, elle  a créé un mode d’expression, un créole ivoirien appelé le Nouchi.  C’est un assemblage de mots dérivés de toutes les langues du pays et même des pays voisins. Et depuis, le Nouchi gagne de plus en plus  du terrain, au point de damer le pion aux langues traditionnelles. Mais les professionnels du milieu, ceux-là mêmes qui devraient lutter pour imposer une langue nationale, symbole de notre identité culturelle, semblent combattre notre Nouchi et sans rien proposer d’autre. Récemment, le professeur Jacques Silué Sassongo de l’université de Cocody fustigeait cette trouvaille nationale : « Le Nouchi n’est pas une langue. C’est avant tout un parler urbain. Ce parler, loin d’obéir à une quelconque norme, n’est autre qu’un mode d’expression ; c’est une manière de parler non ordonnée, n’obéissant un aucun critère… », Pouvait-on entendre de cet éminent professeur qui intervenait à la  faveur d’un colloque international à l’université de Cocody le mercredi 13 mars 2109,  sur le thème : « Le Nouchi, notre français ? » Loin de nous l’idée de porter la réplique au professeur, l’implacable réalité s’impose. D’un, ce parler comme il l’appelle gouverne notre environnement sociologique. Car parler par l’homme de la rue, en passant par les intellectuels  jusqu’aux dirigeants. De deux, tout peuple crée pour lui-même tout ce qui lui manque. La Côte d’Ivoire n’ayant pas de langue nationale, la rue s’est chargée de le faire ! Et si le professeur et sa clique de savants en linguistique n’ont rien proposé jusque-là en ce sens, il était grand temps que quelqu’un s’y mette. La rue a créé à point nommé le Nouchi pour nous. Aussi, partout où les dialectes et les langues vernaculaires sont devenues de véritables langues, comme le veut le prof Sassongo, ça ne s’est pas fait sans le travail des chercheurs en linguistique et des universitaires. Pourquoi alors  combattre qui a fait votre travail ? La rue et sa trouvaille méritent d’être soutenues, afin de promouvoir ce qui pourrait être notre langue nationale.  En plus le Nouchi est dynamique. On  a aujourd’hui, le « le Nouchi brodé » la forme  chatouillée de ce parler dit urbain. Sans compter que récemment, le dictionnaire Larousse a fait admettre en son sein le mot « enjaillement » une trouvaille Nouchi. Ce qui signifie qu’en plus d’être dynamique, le Nouchi  se porte bien. D’ailleurs, les pays de la sous-région ouest-africaine apprécient la Côte d’Ivoire pour son Nouchi, ce français typiquement  ivoirien qui passe là-bas comme notre identité première.

Vive le Nouchi pour que vive une langue nationale ivoirienne !

 

Sacré Abel

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